L’impact du numérique dans le domaine de la santé

16 août 2023 | Articles

Impact santé numérique

L’essor des technologies numériques en ce début du XXIᵉ siècle a des retentissements majeurs dans le domaine de la santé. 

Depuis toujours dans l’histoire de l’humanité, technologie et médecine sont des sciences liées, qui progressent en parallèle, mais se renforcent mutuellement. Par exemple, il a fallu l’invention du microscope pour que les soignants des années 1800 comprennent le rôle essentiel des bactéries dans le développement des maladies infectieuses, ou encore le développement des rayons X pour observer l’intérieur du corps humain.

Aujourd’hui, il existe un terme défini par l’organisation mondiale de la santé pour désigner ce lien entre santé et technologie : medtech. La medtech, c’est la recherche d’application des nouvelles connaissances technologiques au soin des personnes. Et dans ce vaste domaine d’étude qu’est la medtech, il est un aspect plus précis encore : celui de la santé numérique (aussi parfois appelée « e-santé »). Car s’il ne s’y limite pas, le numérique est le domaine dans lequel le progrès technologique de ces 20 dernières années a peut-être été le plus spectaculaire, entre Big Data, accélération exponentielle des flux de données et intelligence artificielle. Or, chacune de ces révolutions a un impact sur la santé numérique.

L’impact du numérique dans le domaine de la santé en termes fonctionnels

Il serait trop ambitieux de lister ici, de façon exhaustive, l’ensemble des avancées concrètes que la progression de la santé numérique a effectué. Mais en voici au moins trois parmi les plus marquantes :

L’essor de la télémédecine

Popularisée grâce à la start-up Doctolib en France, la télémédecine s’est beaucoup développée en Occident ces dernières années, surtout depuis la crise du Covid-19. En effet, en période de pandémie, elle a permis à des milliers de patients de consulter sans avoir à se déplacer. 

Pour autant, l’utilité de la télémédecine et des téléconsultations ne devrait pas se limiter au contexte pandémique. De fait, la télémédecine se présente comme solution à des problèmes encore plus actuels, comme celui des déserts médicaux. Or, si les déserts médicaux représentent un problème que le système de santé français peut envisager de résoudre, la réalité de l’éloignement avec les professionnels de santé est d’ordre plus structurel dans certaines régions du monde à basse densité de population. Dans ces régions où le déplacement pour une consultation n’est pas toujours viable, le développement de la télémédecine contribue à améliorer, voire sauver des vies. 

Ainsi, il est certain que la télémédecine n’a pas fini de progresser. Par exemple, de nouvelles façons d’utiliser et de connecter à distance des appareils de mesure médicale peuvent encore être trouvées. L’un des enjeux dans ces prochaines années sera d’approcher l’efficacité d’une consultation réelle en matière de détection et de prise en charge des maladies. Il sera aussi essentiel d’arriver à développer la télémédecine qui est aujourd’hui encore trop peu utilisée et répandue. 

Objets connectés et surveillance en temps réel

Ce début de siècle a aussi vu naître une multitude d’objets connectés conçus pour le bien-être et la santé. Ces « wearables » (ou objets portatifs) permettent une surveillance continue de divers paramètres physiologiques. Les montres et les bracelets connectés, par exemple, peuvent mesurer la fréquence cardiaque, les niveaux d’oxygène dans le sang ou même le niveau d’activité physique d’un patient en temps réel. 

De même, concernant une maladie spécifique comme le diabète, des patchs et des dispositifs implantables peuvent maintenant surveiller en continu la glycémie d’un patient, révolutionnant la prise en charge de cette affection. En l’occurrence, le traitement informatique continu de nouvelles mesures individuelles de santé octroient des avantages précieux en matière de prévention et diagnostic sur le développement d’une maladie et de ses symptômes.  

Intelligence artificielle et diagnostics

L’intelligence artificielle (IA), quant à elle, a fait irruption dans le monde de l’imagerie médicale, transformant assez radicalement le domaine. Grâce à ses capacités d’analyse approfondie, l’IA peut détecter, quantifier et classifier des anomalies sur des images médicales avec une précision parfois supérieure à celle de l’œil humain

Que ce soit pour repérer un début de tumeur sur une mammographie, analyser la complexité d’un réseau vasculaire sur une angiographie, ou encore estimer la densité d’un tissu sur une IRM, l’IA apporte une valeur ajoutée indéniable, réduisant les erreurs et accélérant les diagnostics. Attention : la prise de décision médicale reste toutefois entre les mains du professionnel de santé qui voit son travail facilité par l’IA. 

La Commission européenne propose d’ailleurs un premier cadre juridique pour l’IA en Europe, visant à gérer les risques, à soutenir l’innovation et à établir un rôle mondial pour l’Europe. Les règles claires réduiront les charges pour les entreprises, en particulier les PME. Ceci s’inscrit dans un ensemble de mesures visant à garantir la sécurité, les droits et la croissance de l’IA dans l’UE.

Impact du numérique et bouleversements économiques dans le domaine de la santé 

Outre les considérations d’ordre purement fonctionnel, l’essor du numérique a également un impact important sur l’économie de la santé :

La santé numérique : un marché en pleine croissance. 

Le secteur de la santé numérique est indéniablement en forte croissance. Plusieurs prévisions tablent d’ailleurs sur une croissance à deux chiffres pour ces prochaines années. C’est le cas avec celles de Statista qui dans son rapport Health Market Outlook voyait un chiffre d’affaires mondial passant de 48,4Mds d’euros à 78,1Mds d’euros entre 2021 et 2025. 

C’est même pour ne pas esquiver cette opportunité économique qu’en France, la délégation ministérielle au numérique a, avec le ministère de la Santé, mis en place sa stratégie d’accélération « Santé numérique » fin 2021. (Retrouvez notre précédent article sur le sujet)

Ainsi, les nouvelles opportunités entrepreneuriales dans le secteur de la santé constituent également un impact du numérique et de sa progression dans nos vies.

L’adaptation réglementaire des instances européennes 

Par conséquent, le législateur a aussi dû s’adapter. Les façons de classifier les nouveaux dispositifs médicaux et de penser leurs procédures de commercialisation ont évolué et continuent de se préciser. En 2017, le règlement de l’Union Européenne portant plus largement sur les dispositifs médicaux donnait une première définition légale du concept de logiciel médical. Cette définition a été utilisée comme référence pas plus tard qu’en 2022 par la France, qui, depuis cette année, a fait évoluer son droit de la sécurité sociale pour ouvrir la prise en charge de la télésurveillance médicale.

Dans un secteur d’activité où le système social de santé finance la majorité des dispositifs médicaux finalement utilisés, les entrepreneurs en medtech attentifs aux évolutions légales et réglementaires optimisent leurs chances de trouver demain les opportunités entrepreneuriales les plus viables.

Santé numérique et nouveaux enjeux sociétaux

Enfin, d’un point de vue sociétal, le développement des technologies de l’information dans le secteur de la santé emporte avec lui son lot de nouveaux enjeux.

Équité en matière de santé

Les nouvelles technologies numériques ont le pouvoir de réduire les inégalités en matière de santé, comme vu avec la prise en charge des consultations rapides en zones rurales. D’autres applications concrètes permettent aussi d’aller vers davantage d’équité, comme la surveillance de son état de santé en continu. Par exemple, tous les patients diabétiques n’ont pas les moyens de voir un nutritionniste chaque semaine. Mais tous peuvent aujourd’hui profiter d’un moniteur de glycémie connecté à son smartphone, sur lequel un logiciel fournira en temps réel des recommandations diététiques adaptées à son état de santé.

Sensibilisation et autonomisation des patients

Le numérique est aussi une nouvelle voie de prévention, déjà utilisée pour l’éducation thérapeutique afin d’aider les personnes à se responsabiliser vis-à-vis de leur santé. Par exemple, certaines applications mobiles permettent à la fois à ses utilisateurs de se renseigner sur leurs symptômes, de suivre leurs prises de médicaments et de planifier leurs rendez-vous médicaux. Les applications mobiles d’aide au contrôle et à la lutte contre les dépendances sont aussi massivement téléchargées.

Problèmes potentiels liés aux dispositifs de santé numérique et à leurs applications

Mais la progression du numérique dans le secteur de la santé connaît également son revers, avec plusieurs problématiques dont ses acteurs doivent s’emparer.

Il y a d’abord la déshumanisation des soins, souvent décriée par les détracteurs de la télémédecine, en partie à raison. Car tandis que la technologie peut améliorer l’efficacité et la commodité des soins, elle présente aussi le risque de réduire l’interaction humaine dans le parcours de santé. 

D’autre part, on trouve le sujet de la vie privée et de la sécurité des données. Car qui dit collecte et traitement de données sensibles dit aussi risque de fuites et de vol. Or, les violations de données peuvent avoir des conséquences désastreuses sur la vie de certains patients, dès lors que des informations supposées confidentielles peuvent être exposées.

Bon à savoir 

La proposition de la Commission européenne pour un règlement sur l’intelligence artificielle (IA) est accueillie favorablement par les autorités de protection des données, y compris la CNIL. L’accent est mis sur l’éthique et la préservation des libertés individuelles. Les recommandations du Comité européen de la protection des données soulignent l’importance de définir clairement les interdictions concernant l’utilisation de l’IA, notamment dans des domaines sensibles comme la reconnaissance biométrique et la notation sociale. L’articulation avec le RGPD est soulignée, tout comme la nécessité d’une gouvernance harmonisée. L’accompagnement de l’innovation, tout en maintenant la conformité aux valeurs européennes, est également au cœur de la proposition.

Puis enfin, il y a la façon dont les patients et le grand public s’emparent des informations qu’Internet met à leur disposition. Entre désinformation et mauvaises interprétations, le numérique comporte le risque d’accélérer les phénomènes d’automédication dangereuse et de défiance à l’encontre des institutions de santé.

Vous ressentez l’envie d’entreprendre dans le domaine de la santé ? Vous avez déjà un projet d’ordre numérique ou technologique qui pourrait s’y appliquer ? N’hésitez pas à nous contacter : Kyomed INNOV pourra vous aider à concrétiser vos ambitions.

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Quels critères de sélection utilise-t-on pour évaluer un centre avant sélection ?
  • La formation des investigateurs (médecins qualifiés selon la spécialité, …)
  • La capacité d’un centre à réaliser la recherche
  • Le potentiel de recrutement adéquat (file active de patients)
  • Un plateau technique adapté
  • Des ressources humaines disponibles pour la réalisation de l’étude 

Idéation

La première étape commence dans les phases amont d’idéation, nous pouvons vous accompagner, grâce à différentes méthodes, pour vous assurer que vous connaissez bien vos futurs utilisateurs ainsi que leurs besoins et attentes. Cela permettra de construire des bases solides pour votre solution. 
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Intégration

Par la suite, il faudra s’assurer de l’intégration de votre solution dans un parcours de soins ainsi que de son acceptabilité par ses futurs utilisateurs. D’autres méthodes existent également afin de construire, challenger et garantir cela. 
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Vérification

Enfin, développer une solution numérique, c’est aussi s’assurer de son utilisabilité par les futurs utilisateurs, c’est-à-dire construire, tester et améliorer l’interface afin qu’il soit facile d’utilisation et donc plus facilement adopté. Nous pouvons pour cela construire une maquette interactive de votre solution qui va être challengée auprès des futurs utilisateurs.